Les Huns dealent au soleil

Aphorimes et périls…

Lu sous la presse – jp géné /goûts (Le Monde II – 18/04/09)

avec 2 commentaires

Oui, je sais. Il y a un parti pris un peu tordu à ne citer d’un critique gastronomique (quasi) que les chroniques dans lesquelles il ne parle ni cuisine ni vins. Mais perso, ce sont celles que je préfère : la plume y est tout aussi ALERTE (non mais ça va pas de crier comme ça !) et les sujets plus digestes. Je n’ai pas repris l’illustration originale (pluie de pains, corbeille en osier, rat, torchon) me disant que vous auriez peut-être envie de retrouver visuellement certains articles évoqués par l’auteur. Une bête recherche dans Google image / corbeille à pain vous fournira tout ce qu’il faut pour trouver votre bonheur dans le cas – un peu improbable j’espère ? – où celui-ci passerait par celle-là. Pour bien, il faudrait également que je trouvasse the peinture of Dali non ? Je vais chercher. (Plus tard…) Ayé, je l’ai. Il en a fait deux, mais c’est bien du modèle 1945 dont parle JP Géné (c’est con, celle de 1923 est mieux) ♣

 

corbeille à pain (chapeau plus illustration) 

Lettrine (P)lus de deux mois qu’elle se traîne lamentablement sur le coin de la table, le fond percé et l’osier en déban­dade. À chaque repas le même refrain : il faut acheter une corbeille à pain, mission oubliée sitôt le service terminé. C’est un objet nécessaire mais pas « mobili­sateur ». Un peu comme le secrétariat d’Etat aux anciens combattants : la fonction est indispensable mais personne ne connaît son titulaire. Il faut s’appe­ler Salvador Dali pour consacrer un hiver (1944-1945) à la peinture d’une corbeille à pain. Un quignon dans un panier tressé qui lui inspirera ce commentaire: « Cette toile typiquement réaliste est celle qui satisfait le plus mon imagination. C’est une peinture sur laquelle il n’y a rien à dire: l’énigme absolue. »

L’histoire de l’alimentation est intarissable sur le pain et s’enrichit sans cesse de nouvelles fournées, pas toujours du meilleur levain. Sur le contenant, à peine quelques miettes. On sait que le Punjab est la corbeille à pain de l’Inde et la Beauce celle de la France, un pays où «la politique ne se fait pas à la corbeille “, selon la formule du Général, à juste titre méfiant envers la Bourse. Car la corbeille ne sert pas qu’au pain. Elle peut aussi bien accueillir le triste cortège des faire-part de condoléances qu’un petit chaton adorable yeux encore collés. Outil indispensable de celui qui quête au temple ou sur la place, c’est le stade primitif du coffre-fort, le lieu où l’on recueille et préserve le bien précieux. Et le malheur est immense lorsque la corbeille reste désespérément vide.

C’est ainsi ruminant que je suis parti dans la ville à la recherche de l’objet. Plastique, rotin, osier, métal, tissu, il s’accommode de tout, le plus kitsch étal modèle plastique «façon osier tressé “, disponible à 2,65 (HT) le petit et 3,48 (HT) le grand, chez Dehillerin, ma caverne préférée aux Halles. J’ai résisté à cette folie, confronté au problème de la forme. L’ordinaire veut qu’elle soit ronde ou ovale mais en voilà des carées, des rectangulaires, trapues ou longues comme une baguette. La couture s’est emparée de la corbeille tapissant l’intérieur et la couvrant jusqu’à mi-jambe d’une toile rugueuse et beigeasse. C’est sa nouvelle tenue de table à 6,84 (HT) pour la carrée moyenne.

À Kitchen Bazaar on achèterait tout même si n’en a pas l’usage. Heureusement les prix calment les envies. La corbeille à pain est en métal ou en tissus. Création de la célèbre marque italienne Alessi, ronde avec bord ajouré en acier brillant, elle accueille les fruits comme le pain (67€, le prix de l’élégance). Plus inédite, cette pochette en tissu telle une toque de chef retournée. Les bords se replient pour faire un panier et on y conserve le pain grâce à deux micro-aimants insérés dans la toile qui permettent de maintenir le sac fermé (14,50 le petit, 29 le grand).

Finalement devant un tel choix, il m’est apparu nécessaire de prendre le temps de la réflexion. Ma corbeille tiendra bien encore quelques jours.

 

jpgene@noos.fr

 

/ Le Monde 2 / 18 avril 2009

 

Adresses

E. Dehillerin, 18-20, rue Coquillière, Paris-1er. Tél. : 0 42-36-53-13. Lundi de 9 h à 12 h 30 et de 14 h à 1 Mardi au samedi de 9 h à 18 h. www.e-dehillerin.fr Kitchen Bazaar, plus de 10 magasins en France. www.kitchenbazaar.fr

 

 

Dali (corbeille de pain version 1945)

Dali – 1945

Rédigé par jimidi

21 mai 2009 à 09:57

Publié dans Lu sous la presse

2 réponses

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  1. Il est posé à l’envers le pain de Monsieur Dali, ça porte malheur !

    mélanie

    21 mai 2009 à 12:45

  2. [...] Dehillerin », ce spécialiste du matériel de cuisine est cité par jp géné dans sa chronique « À la recherche de la corbeille à pain » que j’ai reprise il y a peu. Mais faut-il le rappeler, jp géné écrit dans Le Monde 2 et pas [...]


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