Scribulations

La revue des textes d'atelier

Oxymore aux vaches – Sylvain Souklaye

avec 2 commentaires

 ciel couchant 18 mai 2009 b

 

 

Autant le dire tout de suite, la première lecture du blog de Sylvain Souklaye m’a passablement énervé. On ne peut pas accoler des mots comme ça juste pour faire joli ! Pensais-je. Puis poussé par mon honnêteté intellectuelle légendaire, car oui, c’est une légende qui ne repose sur rien, j’ai suivi le lien qu’il propose jusqu’à Arte radio.com où j’ai compris que ses textes — du moins certains — ont été écrit pour être slamés sur les ondes, d’où cette impression d’un sens passant en arrière plan de l’effet sonore recherché. Une fois ces prémices acceptées, ça passe. On pourra même trouver des parentés entre cet « Observatoire des sociétés mourantes » (Misanthropie d’utilité publique) et « Dissection du cadavre de la littérature » du très prolifique Stalker. Sylvain Souklaye m’ayant fait l’honneur d’un commentaire (sur « Grippe porcine II »), je ne pouvais faire moins que d’aller lui rendre une petite visite. Aujourd’hui jour férien, chez lui, vous pourrez donc lire ça :

 

 

L’égalité est un luxe dans une patrie bipolaire écartelée par un sectarisme divin et une laïcité repentante. Les jours fériés sont le pré carré des guerres immobilières ou des péripéties du journal intime du Dieu des autochtones. Quand les options apparaissent comme des obligations, le calendrier cherche des saints pour excuser les anonymes. Comment peut-on parler d’ingérence de la croyance dans le business institutionnel quand elle est la base de la mythologie de la transgression romantique. Que peut l’évolution d’une civilisation boulimique sur le déclin face à une tradition où la violence morale est raisonnable ? La laïcité est une affaire de religions minoritaires et d’opinions majoritaires. Le pragmatisme du jour férié est de réhabiliter la théologie pour les passifs tout en offrant des vacances aux extrémistes modérés croyant en la séparation entre la prophétie et la providence. La société est un produit dérivatif adapté au besoin d’appartenance et à la peur du standard. Depuis que le pouvoir a perdu ses prérogatives de chape de plomb pour devenir un self-service, les clients vivent par dépit, par procuration et à crédit. Dans un espace schizophrène, voire sélectif, le temps est un alibi archéologique viable, mais sachant que la foi et les convictions sont des droits, pas des choix, la religion est une histoire de démocratie, pas de libre arbitre. Dites moi ce qui rend légitime une croisade laïque : les causes inextricables ou les conséquences louables ? Sylvain Souklaye

 

 

Puis au choix, vous trouverez ça joli, creux, énervant, intéressant, drôle (choix multiple possible) comme cet « oxymore aux vaches » que je regrette VRAIMENT de ne pas avoir trouvé avant lui.

 

NB : Comme souvent, l’illustration de ciel qui chapeaute cet article n’a rien à voir avec l’article lui-même. Mais je ne désespère pas, à la longue, de vous fourguer les 3 478 621 couchers de soleil que j’ai photographiés de ma cuisine depuis neuf ans que j’habite ici.

 

 

- Tu crois qu’ils vont faire la division par 365 et s’apercevoir que ça fait plus de neuf mille cinq cent ans ?

- Non. Ils ne sont pas comme ça !

- T’as raison. Ils sont pire.

 

 

 

 

Rédigé par jimidi

21 mai 2009 à 12:12

Publié dans écriture

2 réponses

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  1. Grâce à mtislav, je viens de trouver sans le seul blog ou Sylvain Souklaye a fait l’effort de commenter. Je me demande si je ne vais pas découper mon écran pour l’encadrer

  2. Heu… C’est trop gentil de commenter, mais j’ai l’impression qu’il manque des mots ça et là, dans votre prose, non ?

    jimidi

    7 juillet 2009 à 14:47


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