Les Huns dealent au soleil

Aphorimes et périls…

Scribulations est steampunk !

sans commentaires

 

 

 

Tiens ? Je n’ai fait le lien qu’aujourd’hui, en lisant François Bon. (On devrait toujours lire d’avantage François bon, dont « Le tiers livre » se présente comme très largement ouvert sur un tas d’autre choses, parmi lesquelles publie.net, qui présente 180 textes en version numérique consultable par une interface dont on pourrait souhaiter qu’elle devienne LE modèle du genre.) (Et là, si tout va comme je le pense, comme mon intro était trop courte pour vous imprégner d’un propos que je n’ai de toute façon pas encore tenu, douillettement installés que vous êtes dans cet état de disponibilité extrême qui caractérise le lecteur de blog n’ayant vraiment rien d’autre à foutre – ou ne voulant pas en entendre parler – vous vous dites qu’il va s’agir de François bon – alors que pas du tout – ou vous ne vous dites rien, parce que vous avez la bouche pleine, ou que vous poussez la politesse jusqu’à faire taire votre petite voix intérieur pendant que je vous « cause ». C’est gentil. Si vous pouviez en plus monter un peu le chauffage…)

 

Je n’ai fait le lien qu’aujourd’hui entre Scribulations et Steampunk, lien que je formulerais ainsi : avec sa livrée papier imprimée noir et blanc, un peu en décalage dans l’univers numérique, Scribulations se présente comme un objet « steampunk ».

 

Steampunk, perso, je vois ce courant esthétique comme une proposition alternative au futur proche, situé non dans la continuité de notre chronologie, mais résultant d’un embranchement, d’une dérivation qui s’originerait vers le XIXe siècle. C’est dire que ce courant entretient avec l’histoire des liens un peu complexes, puisqu’il présente à la fois des traits du futur et du passé. C’est un futur auquel on aurait échappé. Un futur qui aurait été possible à la condition que le passé ait été un chouia différent.

 

Vue comme ça, Scribulations présente bien des aspects rétrogrades. On pourrait penser à la tenir en main que la révolution numérique l’a épargnée, alors qu’elle lui doit tout. Pour Scribulations, le numérique n’est pas venu comme un « plus » facilitant, lui permettant par exemple d’être imprimée à moindre coût, non, ses textes ont été travaillés sur le Net, dans cet espace incertains dont chaque machine représentait pour les auteurs non le lieu lui-même, mais la porte.

 

On pourrait alors se demander pourquoi utiliser des techniques de pointe pour réaliser un objet littéraire à peine plus moderne que la bible de Gutenberg ? Se serait oublier un peu vite les textes eux-mêmes. Je n’en veux pour preuve que le texte « Les silences de Soupir » qu’une inspiration inconsciente – mais finalement très heureuse – m’a fait placer en ouverture du numéro 01-08. D’une certaine façon, ce texte n’existe pas. C’est-à-dire que Denise Girard en est incontestablement l’auteure – elle en a écrit chacune des phrases – mais elle n’avait aucunement l’intention de rassembler ces fragments, disséminés sur plusieurs années de forum, pour en constituer ce texte. C’est dire que ce texte procède bien sûr d’une écriture – il faut bien que quelqu’un s’y colle – mais il procède au moins autant d’une lecture, d’un parti pris de ne relever dans l’écheveau des messages entremêlés que certains des siens, pour en faire autre chose. Ce qu’on lira, c’est donc moins le texte d’une auteure que le résultat d’une interaction forte entre la matière textuelle de Soupir et les choix d’un lecteur. Quelqu’un d’autre en aurait fait autre chose et ce que nous aurions lu alors aurait été différent. Si ça, c’est pas novateur Mâme Michu, alors mes années 80 n’ont servi à rien.

 

Oui, parce que je ne vous l’ai pas encore dit, mais je suis moi-même un produit steampunk. C’est-à-dire que je figure à la fois dans l’atlas des littératures de l’encyclopaedia universalis au titre de ma participation (passée) aux activités du mouvement LAIRE (Lecture Art Innovation Recherche Ecriture) et de la revue Alire (écrits de source électronique), donc dans le droit fil d’une novation littéraire quasi hystérique et je cocoricose les deux pieds dans une revue qui – par comparaison – vous a des faux airs d’avoir été ronéotée dans le coin café d’un local associatif. Mais si vous n’avez pas compris que l’un n’est pas possible sans l’autre, alors j’aurais perdu mon temps et vous également.

 

 

 

 

 

Rédigé par jimidi

25 avril 2009 à 17:50

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